Sujet 5 : L’humour est-il indispensable à la comédie ?
Introduction :
La comédie est traditionnellement associée au rire et à l’humour, depuis les pièces d’Aristophane jusqu’aux
pièces d’Aristophane jusqu’aux œuvres modernes comme celles de Molière ou Feydeau. Cependant, certaines comédies semblent s’éloigner du rire pour proposer une réflexion plus profonde sur la société ou la condition humaine, parfois teintée de gravité. Il est alors légitime de se demander si l’humour est indispensable à la comédie ou si elle peut exister sans forcément chercher à faire rire.
Nous allons dans un premier temps examiner l’importance de l’humour dans la comédie, avant de voir si la comédie peut s’en passer et servir d’autres finalités.
Développement :
I. L’humour comme élément central et indispensable à la comédie
- La comédie est traditionnellement conçue pour faire rire et divertir le public. Aristote, dans sa Poétique, distingue clairement la comédie de la tragédie par sa fonction première qui est de provoquer le rire en ridiculisant les défauts humains (ex. : Les Fourberies de Scapin de Molière où les stratagèmes comiques provoquent l’hilarité).
- L’humour est un puissant levier pour critiquer la société et ses travers, tout en gardant une légèreté de ton. Molière, dans des pièces comme Le Tartuffe ou L’Avare, utilise le rire pour dénoncer l’hypocrisie religieuse ou l’obsession de l’argent.
- L’humour permet de rendre supportable des réalités parfois difficiles. Même dans des comédies grinçantes, comme celles de Feydeau ou Courteline, le comique de situation et les quiproquos offrent un espace de rire qui dédramatise la condition humaine.
II. La comédie peut-elle exister sans humour ?
- Certaines œuvres comiques cherchent moins à faire rire qu’à susciter une réflexion, voire une émotion plus profonde. La Cantatrice chauve de Ionesco, par exemple, relève d’un comique absurde où le rire se mêle au malaise et à la perplexité. Le comique y est distillé, mais l’objectif premier n’est pas forcément le rire.
- Des comédies modernes peuvent aborder des sujets graves, comme la solitude, la mort ou l’angoisse existentielle, sans nécessairement miser sur l’humour. Beckett dans En attendant Godot mêle comique et tragique, montrant que la comédie peut aussi s’éloigner du pur divertissement.
- Enfin, certaines formes de comédie, comme la comédie de mœurs ou la comédie satirique, se concentrent plus sur la critique sociale que sur l’humour pur. Elles se contentent de peindre avec finesse des situations absurdes ou des comportements humains, sans chercher à provoquer le rire franc.
Conclusion :
L’humour reste l’un des ressorts principaux de la comédie, en particulier dans sa forme classique, où il permet à la fois de divertir et de critiquer les travers humains. Cependant, la comédie moderne, influencée par l’absurde ou le comique de situation, peut parfois s’éloigner de l’humour au profit d’une réflexion plus profonde ou d’une critique sociale plus subtile. Ainsi, si l’humour est souvent au cœur de la comédie, il n’est pas indispensable à toutes ses formes, qui peuvent explorer d’autres dimensions de la condition humaine.